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Sintaxis

versión On-line ISSN 2594-1682

Sintaxis  no.15 Huixquilucan jul./dic. 2025  Epub 01-Sep-2025

https://doi.org/10.36105/stx.2025n15.03 

Artículos

Actes audiovisuels de colloques: perspectives de diffusion scientifique

Actas audiovisuales de congresos: perspectivas de difusión científica

Audiovisual conference proceedings: prospects for scientific publication

*ELLIADD Université Marie et Louis Pasteur. 4 place Tharradin, F25200 Montbéliard, France. alain.lamboux-durand@univ-fcomte.fr

**MICA, Université Bordeaux Montaigne. Domaine Universitaire, 19 Esplanade des Antilles, F33600 Pessac. Membre associé à ELLIADD, Université Marie et Louis Pasteur 4 place Tharradin, F25200 Montbéliard, France. charles-alexandre.delestage@u-bordeaux-montaigne.fr

***ELLIADD Université Marie et Louis Pasteur. 4 place Tharradin, F25200 Montbéliard, France. willy.yvart@univ-fcomte.fr


Resume

Cet article questionne les publications scientifiques et plus particulièrement les vidéogrammes scientifiques. L’objectif est que les publications audiovisuelles scientifiques puissent avoir une valeur comparable aux publications imprimables. L’introduction interroge la reconnaissance scientifique des publications avant d’aborder les caractéristiques des publications scientifiques imprimables, ce qui met en lumière les caractéristiques de publications audiovisuelles scientifiques. À partir de ces généralités, cet article spécifie un cadre théorique, une méthodologie d’enregistrement/diffusion de traces de colloques comme modalité de publication scientifique. La méthodologie développe la façon dont ces principes ont été appliqués dans le cadre de la captation des 2e et 3e colloque international Méthodes Visuelles et Multimodales ayant eu lieu à l’Université de La Laguna. Les résultats abordent le processus mis en œuvre pour la captation et la publication du 3e colloque sur la chaîne Canal-U de Visual Modi.

Mots clefs: publication de vidéogrammes scientifiques; protocoles de captation de colloque; valorisation scientifique; articles vidéos

Resumen

Este artículo se ocupa de las publicaciones científicas y, más concretamente, de los videogramas científicos. El objetivo es que las publicaciones científicas audiovisuales tengan un valor comparable al de las publicaciones imprimibles. En la introducción se examina el reconocimiento científico de las publicaciones antes de pasar a analizar las características de las publicaciones científicas imprimibles, lo que pone de relieve las características de las publicaciones científicas audiovisuales. Partiendo de estos puntos generales, este artículo especifica un marco teórico y una metodología para la grabación y difusión de actas de congresos como medio de publicación científica. La metodología explica cómo se aplicaron estos principios a la grabación de las II y III Jornadas de Métodos Visuales y Multimodales celebradas en la Universidad de La Laguna. Los resultados cubren el proceso utilizado para grabar y publicar la 3ª conferencia en el canal Canal-U de Visual Modi.

Palabras clave: publicación de videogramas científicos; protocolos de grabación de conferencias; promoción científica; artículos en vídeo

Abstract

This article looks at scientific publications and specifically scientific videos. The aim is for scientific audiovisual publications to have a value comparable to printable publications. The introduction questions the scientific recognition of publications, before turning to the characteristics of printable scientific publications, which highlights the characteristics of scientific audiovisual publications. From these generalities, this article specifies a theoretical framework and a methodology for recording/ broadcasting traces of symposia as a modality of scientific publication. The methodology outlines how these principles were applied to the recording of the 2nd and 3rd Visual and Multimodal Methods conferences held at the University of La Laguna. The results cover the process used to capture and publish the 3rd symposium on Visual Modi Canal-U channel.

Keywords: scientific video publication; conference recording protocols; scientific promotion; video papers

Introduction

La reconnaissance scientifique passe par des publications éditées évaluées par des pairs. Ces éditions, exclusivement sous la forme d’ouvrages ou de revues papier jusqu’au début du XXIe siècle, se sont «numérisées». Ainsi, même si certaines revues sont encore imprimées, une version électronique est accessible en ligne, que cela soit à travers des portails scientifiques internationaux comme Cairn, openedition.org ou des sites Web spécifiques aux revues. En outre, cette présence de revues en ligne est favorisée par le développement des programmes de «sciences ouvertes»1. Dans ce modèle économique complexe des sciences ouvertes, pour limiter les coûts d’édition, de plus en plus de revues ont une diffusion exclusivement électronique. Cette diffusion électronique, si elle permet de réduire significativement le coût de publication, n’enlève pas leur coût marginal de relecture et de mise en forme.

Les financements de l’édition sont divers: «plusieurs modèles économiques co-existent, au sein d’une même spécialité scientifique souvent, non sans confusion: le modèle traditionnel de financement aval par les bibliothèques associé à un renforcement des consortia d’achats ; le modèle de financement public amont via le modèle de l’auteur-payeur ou via des acteurs publics qui deviennent «opérateurs» non sans conflit avec les acteurs privés» (Chartron, 2007). Si les colloques publiant des actes intègrent les coûts de publication à leur frais d’inscription (modèle auteur-payeur), ce sont toutefois les organisateur·trice·s qui gèrent la relecture et la mise en forme «bénévolement».

Au plan audiovisuel, si des initiatives ont vu le jour pour diffuser et archiver le discours scientifique, à l’instar des Archives Audiovisuelles de la Recherche initiées par l’ESCoM sous la tutelle de la FMSH (Stockinger 2008a, 2008b), elles n’intègrent généralement pas une dimension de publication scientifique faisant l’objet d’une évaluation par les pairs, laissant la place à des contenus de vulgarisation ou à des entretiens. Dans la hiérarchie d’évaluation, les publications en revues référencées au plan international priment sur tout autre type de publication, viennent ensuite les actes de colloques internationaux.

En l’absence d’écrits formalisés et publiés, les colloques ne sont que peu pris en compte dans l’évaluation scientifique des chercheurs et des laboratoires. De ce fait, les lieux d’échange des idées et du débat s’en trouvent peu valorisés, n’incitant pas la participation des jeunes chercheurs comme des plus chevronnés. En outre, le format «communication orale» est différent du format «actes écrits», ce qui entraîne des variations non négligeables entre ces deux formats. La mauvaise reconnaissance des publications audiovisuelles de communications en colloque, outre la primauté de l’écrit sur l’oral, provient probablement aussi de l’absence (ou du faible nombre) de traces du contenu des exposés.

Pourtant, cette publication audiovisuelle permet des démonstrations de dispositifs interactifs, la diffusion de vidéos et la communication non verbale. Toutefois, la diffusion des enregistrements de colloque nécessite certaines précautions. La première, est l’obtention de l’accord écrit des intervenant·e·s pour la reproduction et la diffusion de leur image visuelle et sonore. La seconde, éventuellement omise, la nécessaire cession de droits relatifs à la diffusion de photographies, de vidéos, productions artistiques. Ainsi, ce type de diffusion doit être supprimé de l’enregistrement de la communication si les intervenant·e·s n’en détiennent pas les droits de diffusion ou s’ils sont sous le régime du copyright. De plus, quelles sont les modalités de publicisation de ces formes de communication ainsi que de leur valorisation ?

Outre le poids de l’héritage culturel de l’écrit, le manque de reconnaissance des publications audiovisuelles relève de l’absence d’éditorialisation des publications vidéo. La reconnaissance scientifique relève d’une forme de diplomatique de la production de chercheur2 qui passe par l’évaluation par des pairs (a minima en double aveugle) et par l’accès via des sources fiables (ou fiabilisés).

Compte tenu de la visibilité, de la facilité d’usage (liée à l’absence de contrôle), de pratiques personnelles d’usager·ère·s de portail de stream, éventuellement de méconnaissance (ou d’absence au moment de leur création) de portails vidéo institutionnels ainsi qu’à des fins de visibilité dans l’optique d’une diffusion large et internationale, nombre de structures universitaires ont créé leur chaîne Youtube. Indépendamment de leur appartenance scientifique, de nombreux youtubeurs publient des vidéos de vulgarisation (Chjevry Pebayle, 2021). Youtube ou dailymotion publient en absence de contrôle éditorial ou scientifique. Ainsi, même si les institutions jouent le rôle de garant de leurs publications, les modalités de dépôt et le peu de contrôle ne favorisent pas la crédibilité scientifique des vidéos accessibles. Un portail comme Hal - portail français de dépôt de publication scientifique en «OpenAccess», joue un rôle d›effet démultiplicateur de visibilité. Il permet à chaque chercheur de mettre à disposition ses textes ou vidéos -publications en revue, ouvrages, actes de colloque ou autres, mais aussi de support de présentation scientifiques, de textes personnels non publiés- avec comme filtre régulateur son appartenance institutionnelle.

Cet article se place dans ce cadre et a pour objectif de définir des bases méthodologiques afin de parvenir à valoriser les enregistrements de colloques comme publication scientifique reconnue.

État de la question: Caractérisation des publications

Indicateurs qualitatifs de publication et diffusion des savoirs

L’évolution mondiale des universités et de la recherche, ne serait-ce qu’à travers le traité de Bologne à l’échelle européenne, a conduit à une forme de convergence des politiques scientifiques (Crosier & Parveva, 2014) afin de les faire entrer dans un secteur concurrentiel (Winkin, 2003). L’objectif, pour les états, est d’améliorer «l’efficacité de la recherche» et de «discriminer» les financements vers des créneaux «porteurs» (i.e. susceptibles d’engendrer des financements industriels...) ou des secteurs stratégiques. Il s’agit donc de pouvoir évaluer les recherches et donc d’établir des «critères qualité».

Publier ou périr

Dans ce contexte des critères ont été établis, comme la quantité, le type et le niveau de publication. En lien avec ce critère, la circulation des savoirs, l’influence des laboratoires sont aussi des critères. C’est pourquoi, aujourd’hui, il y a ce que d’aucuns ont qualifié de «Publier ou périr» (Piganiol, 1971).

En France un Docteur ne peut espérer un poste d’enseignant chercheur que s’il peut justifier d’un nombre minimal de publications, et notamment dans des revues avec un «facteur d’impact» minimal, référencées dans des bases de données internationales et/ou reconnues au sein de certaines disciplines (comme en sciences de l’information et de la communication).

Facteurs d’impact

Le facteur d’impact «traduit pour une revue et pour une année donnée, le rapport entre le nombre de citations d’articles publiés les deux années précédentes sur le nombre d’articles publiés ces deux années-là. (...) Le succès de cette mesure tient surtout dans l’ordination quantitative qu’elle propose: rang des revues, classement par catégorie, évaluation comparative» (Beauvois & Pansu, 2008). Le facteur d’impact révèle le taux de (ré)utilisation quantitative d’articles, indirectement la notoriété d’une revue, mais pas directement la qualité scientifique d’un article.

Pour qu’une revue ait un facteur d’impact, il est nécessaire qu’elle soit référencée dans une base de données internationale, tout comme les articles citant la revue. Un biais évident du facteur d’impact relève de la modalité de promotion des revues, de leurs articles, mais aussi des bases de données de références (généralement accessibles sur abonnements et détenues par des éditeurs).

Critères de reconnaissances

Aujourd’hui, pour être reconnu, un chercheur se doit de transmettre ses travaux auprès de ses pairs via des publications et, notamment, par importance décroissante:

  • via un article en revue à Facteur d’Impact, présente sur des bases de données internationales et/ou reconnue par la discipline scientifique,

  • via un colloque international «reconnu» avec des actes publiés publication pour être (mieux) reconnue

  • via un article en Revue Nationale

  • via un colloque national avec des actes publiés

  • ...

En outre, pour être reconnus, les articles de revues ou de colloques doivent être évalués par les pairs (spécialistes du domaine) et en double aveugle (i.e. sans que les évaluateurs ne puissent identifier les rédacteurs et vice-versa) afin d’attester de façon impartiale la qualité scientifique des articles.

Comme le met en évidence le début de la liste d’importance des publications, les versions imprimées (ou imprimables) des communications scientifiques priment sur toute autre forme de communication.

Notons aussi que les modèles économiques de la publication scientifique sont fragiles (du moins pour les chercheurs) avec 3 modèles principaux que le passage au «tout numérique» n’a pas révolutionné «le modèle traditionnel de financement aval par les bibliothèques associé à un renforcement des consortia d’achats ; le modèle de financement public amont via le modèle de l’auteur-payeur ou via des acteurs publics qui deviennent «opérateurs» non sans conflit avec les acteurs privés ; enfin de façon plus marginale le modèle de financement par la publicité» (Charton, 2007). De plus, notamment en Sciences Humaines et Sociales, les publications passent souvent par une forme de «bénévolat» où une bonne partie de l’activité éditoriale est déléguée aux chercheurs sans dédommagement.

Séminaires et journées d’études

Les évaluations des laboratoires portent aussi sur leur rayonnement, leur capacité à mettre en œuvre des journées d’études ou des séminaires sur différents thèmes scientifiques. Ces réunions de recherche permettent des échanges fructueux, éventuellement pour favoriser l’émergence de projets inter-laboratoire, sur des thématiques ou des recherches émergentes, mais ne sont que peu valorisées tant pour les chercheurs qui s’y impliquent. L’absence tant de traces, tout autant que leur éditorialisation lorsqu’elles existent en constituent d’importants facteurs.

Publications scientifiques audiovisuelles

La publication audiovisuelle scientifique de traces de colloques, de séminaires ou de journées d’étude pourrait palier un manque important dans la publication scientifique, mais il s’agit de lever quelques verrous et de travailler à l’éditorialisation scientifique de vidéogrammes, comme les directeurs de collection, de revues ont pu le faire pour les publications imprimables.

Le premier écueil relève de la reconnaissance des plates-forme de diffusion, comme peuvent l’être, a minima, les portails d’éditions imprimables, qu’elles soient dans le domaine privé (cairn, elseiver) ou d’archives ouvertes (openedition, Hal...).

Des plates-formes peu reconnues

Différentes expériences ont été menées pour la publication de vidéogrammes scientifiques. Il est à noter, par exemple, le projet AAR (Archives Audiovisuelles de la Recherche) qui visait à Archiver la parole de chercheur·e·s reconnues et le projet Campus-AAR le développement d’outils permettant aux chercheurs de publier des vidéogrammes scientifiques (stockinger, 2008). Le projet Plate-forme ASA Campus-AAR (Stockinger, 2013) est un prolongement des Archives Audiovisuelles de la Recherche avec la création d’un outil pour indexer et publier des vidéogrammes scientifiques. Cette plate-forme permet de publier sur le portail https://hal.science/comme le portrait de Françoise Robin de l’INALCO (Robin, Sepulveda & Galitzine, 2024). En effet, hal.science, portail d’archives scientifiques permet aux chercheur·e·s français·e·s d’archiver des documents scientifiques multimodaux avec, pour les organisations la possibilité de créer des rubriques qui leur sont propres. Il est aussi possible de citer le site CNRS Image qui ne publie que des photographies et des vidéogrammes issus de laboratoires CNRS, ce qui, scientifiquement parlant en SHS a une portée très limitée.

Si hal.science est un portail multimodal sur lequel tout chercheur peut déposer ses travaux, Canal-U relève d’un portail spécifique de diffusion de vidéogrammes universitaires, financé par les institutions françaises. Il s’agit d’une forme de portail de chaînes, comme Youtube, dédié au monde universitaire et scientifique. Canal-U propose ainsi un portail de chaînes institutionnelle (Administrations publiques, universités ou composantes universitaires, laboratoire, association savantes, musées...) comme celle de la MSH Paris-Nord qui publie certaines de ses conférences - par exemple (Féliz & Marie, 2025). Tout comme Youtube, Canal-U permet de la diffusion d’événements en direct.

Le mode de création de chaîne Canal-U -et ses modalités de fonctionnement- autorise une délégation de fiabilité de contenu sur le responsable légal de la chaîne. Ainsi, la chaîne créée par une université est légitimée par sa position. Une revue, une société savante, un congrès récurrent, peuvent parfaitement créer leur chaîne et garantir le niveau scientifique de son contenu, éventuellement en soumettant une évaluation en double aveugle. Canal U, en France, est donc medium (en)cadré de publication de vidéos à caractère scientifiques (ou en lien avec l’enseignement supérieur), comme peut l’être le portail openedition.org pour l’édition imprimable, qui fédère un certain nombre de publications scientifiques reconnues (ouvrages, revues...). De plus les vidéogrammes publiés sur Canal-U peuvent avoir un DOI (Digital Object Identifier) et, par là-même être reconnue officiellement comme publication.

Toutes ces caractéristiques de Canal-U, malgré son caractère a priori «franco-Français» a poussé Visual Modi a choisir cette plate-forme pour publier ses communications de colloques, les illustrations audiovisuelles de publications imprimables liées à l’association et, à termes, d’autres vidéogrammes liées aux recherches en méthodes visuelles et multimodales, après sélection. L’objectif est d’arriver à une revue audiovisuelle de sciences ouvertes (et donc en accès libre) consacrée aux méthodes visuelles et multimodales, comme peut l’être JoVE (Journal of Visualized Experiments).

Il ne s’agit pas de donner une liste exhaustive de portails et/ou de portails francophones, mais de soulever la question de la reconnaissance de celles-ci déjà au plan national, mais encore plus au plan international. Sur ce volet JoVe a une diffusion beaucoup plus large. Toutefois Jove est une structure de droit privé sur le modèle Auteur-Payeur avec un coût de publication compris entre 1400 et 1500 $. De plus JoVE est limité à certaines disciplines scientifiques, et plus particulièrement en sciences de la vie (Rakotoary, S. 2022). JoVE n’est donc pas adapté aux Sciences Humaines et Sociales. Il est toutefois à noter que la sélection des vidéogrammes sur JoVE s’effectue sur sélection, par des pairs, en double aveugle et légitime donc cette publication par son comité scientifique.

La voie des «video abstracts»

Les «video abstacts» existent pour certaines publications «La mise en place de video abstracts est de plus en plus utilisée par certains périodiques. Le chercheur devra désormais s’habituer à être filmé pour expliquer en quelques minutes le message essentiel transmis par le biais de son article, ou mettre directement en scène les résultats de son travail sous la forme d’un film» (Volland-Nail, 2013 p. 18) et amènent certains chercheur·e·s à spécifier des recommandations de réalisation pour ceux-ci (Ferreira et al., 2023 ). Certains éditeurs publient aussi leurs recommandations pour des video abstract -tout au moins pour Elseiver ou Taylor&Francis- mais très limitées, décorrélées des pratiques professionnelles vidéo ainsi que des standards techniques. Les seuls éléments pertinents relèvent de conseils sur l’éloquence et le rythme (cf. Figure 1).

Source: Captures d’écrans des sites authorservices.taylorandfrancis.com et elseiver.com3 4

Figure 1 Exemple de recommandation pour les «video abstract» 

Plates-formes non dédiées

En l’absence de plate-formes ou d’éditeurs adaptés et/ou accessibles (ou par méconnaissance de leur existence et de leur accessibilité), bon nombre de chercheurs, de laboratoires, d’universités diffusent des vidéogrammes via des plates-formes comme YouTube (Shaikh, Alhoori & Sun 2023), voire TikTok. À travers majoritairement Youtube, les chercheurs cherchent, d’une part à déléguer un volet technique, d’autre part à publier facilement ce qu’ils souhaitent diffuser. La plate-forme YouTube permet, au premier abord, une large visibilité ne serait-ce qu’auprès du grand public. Toutefois, l’emploi de services en ligne «non payants» posent des problèmes éthiques, comme le souligne une note de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés)5:«Sur internet, rien n’est gratuit: les données personnelles sont fortement convoitées par les entreprises, qui développent des stratégies de ciblage publicitaire.» (CNIL, 2020). En d’autres termes l’utilisateur est le produit du service. Dans ce contexte, la légitimité de la publication scientifique sur YouTube se pose.

Pour certains, la présence sur YouTube améliore la visibilité. Toutefois, là encore, la pertinence de cette approche peut être questionnée. Une recherche ciblée sur le nom d’un chercheur ayant effectué une présentation au 3e colloque méthodes visuelles et multimodales avec le mot «vidéo», a été effectuée le 11 mars 2025 sur Google et sur Qwant. Les premiers résultats affichés sont visibles sur la Figure 2. Il est à noter que les vidéos proposées par Google avant la liste textuelle ne correspondent pas à des vidéos en lien avec ce chercheur. Sur Qwant, les vidéos Youtube en lien avec ce chercheur apparaissent après celles du congrès Visual Modi. En première approche ce résultat est intéressant au regard de l’a priori d’amélioration sur la visibilité procurée par YouTube, même si cette recherche est biaisée, ne serait-ce que par le poste de consultation ou le pays de consultation.

Source: Capture d’écran d’une recherche sur qwant.com

Figure 2 Premiers résultats de 2 moteurs de recherche avec le nom d’un chercheur et le mot vidéo 

YouTube est clairement un média grand public, avec un contenu hyper-diversifié. Il existe de nombreux Youtubeurs qui effectuent de la vulgarisation scientifique dans leurs vidéos (Chevry Pébayle, 2021). Leurs vidéos, destinées au plus grand nombre, peuvent même être ré-exploitées en contexte pédagogique (Zwang, Fournier & Boissières 2022). Dans ce cadre, YouTube, pour la science, montre une certaine efficacité, à relativiser au regard de la diplomatique de ces vidéogrammes déposés sans contrôle autre que les robots informatiques de YouTube qui s’appuient sur toute autre chose que la véracité et la fiabilité du contenu des vidéogrammes. De plus, des stratégies d’internautes opposés à certaines études scientifiques peuvent conduire à limiter leur diffusion (Dauphin, 2022).

Dans ce contexte, tant sur un plan éthique, que sur le contexte de la diffusion scientifique, est-il pertinent de publier des vidéos telles que l’enregistrement de colloques, de séminaires au milieu de vidéo de tous types, de tous ordres? Dans le contexte de la fiabilisation des sources, la crédibilité scientifique de publications indépendantes sur Youtube se pose. N’est-il pas plus efficace, tant dans la crédibilité que dans l’efficacité de la diffusion de privilégier des médias scientifiques?

En créant sa chaîne sur Canal-U, Visual Modi s’est clairement positionnée sur cette dernière hypothèse. La plate-forme Canal-U peut, certes, paraître «franco-française», mais il s’agit d’une plate-forme institutionnelle, n’étant pas soumise aux problématiques de financement par publicité, avec une véritable responsabilité éditoriale de la part du responsable légal de la chaîne. Dans un contexte international, rien n’empêche l’accès à ces ressources via internet, d’envisager sur un moyen terme l’émergence d’une structure européenne voire mondiale (comme peut l’être le réseau Eduroam). En outre, Visual Modi se positionne en garant de la scientificité des vidéogrammes ou audiogrammes déposés.

Cadre théorique: Enregistrer des traces audiovisuelles de colloques pour les diffuser en tant que publication scientifique reconnue

À travers cet objectif de publication audiovisuelle scientifique, il y a 2 volets. Le premier relève des critères et compétences liés à la mise en œuvre, le second autour des critères qui permettent la reconnaissance de la scientificité de ce type de publication.

Quelles traces, pour quelles fonctions ?

Au premier abord, la qualité technique des enregistrements audiovisuels de traces peut paraître complexe à appréhender qui, si elle est d’un niveau insuffisant, peut conduire à une absence de diffusion ou une absence de consultation. Bien sûr, la publication n’est pas (forcément) un objectif premier. Il peut s’agir d’un simple enregistrement de trace, éventuellement dans l’objectif de produire un compte-rendu ou un verbatim. Toutefois, s’il n’y a aucun objectif de diffusion ou de rédaction de compte-rendu, il est légitime de se demander l’intérêt de l’enregistrement.

Si l’objectif est, a minima, la diffusion auprès de nos pairs, un simple enregistrement «mono caméra», en plan large, peut suffire. Toutefois, à moins d’être très motivé·e par le fait d’écouter/voir l’intervention, il peut être très rebutant d’effectuer un tel visionnage. En outre, s’il s’agit de considérer le vidéogramme comme une publication scientifique à part entière, la forme de celui-ci engendre une valeur d’estime qui le crédibilise. Cette mise en forme nécessite une acculturation minimale.

Compétences et (re)formation

Aujourd’hui, il n’y a ni formation ni acculturation audiovisuelle dans le corpus «classique» des chercheurs. L’audiovisuel peut avoir une image trompeuse de facilité: presque «n’importe qui» est capable de réaliser des vidéos avec son téléphone, une caméra vidéo grand public. Pourtant l’obtention d’un vidéogramme de facture professionnelle nécessite une qualité technique minimale, d’abord sur le volet sonore et ensuite sur le volet visuel. Tout comme il existe des formations à la publication imprimable (formelle) et à ses outils, il devrait y avoir une offre de (re)formation des chercheurs (ou des personnels d’appui à la recherche) voulant réaliser des productions audiovisuelles.

À l’opposé, de ce sentiment de facilité, les compétences nécessaires à enregistrer et à (re)diffuser des traces scientifiques audiovisuelles peuvent paraître complexes (pour ne pas dire insurmontables). S’il est certes nécessaire d’avoir un minimum de prérequis, ceux-ci peuvent être appréhendés avec un minimum d’ordre, de méthode... et de bonne volonté. Il ne s’agit en aucun cas d’atteindre le niveau de professionnels aguerris, mais de se positionner en «amateur avertis» (Lamboux-Durand et Bouchez, 2013). À titre de comparaison, il ne s’agit pas plus pour les chercheurs publiants de produire des publications imprimables du même niveau que les professionnels de la presse écrite.

Pour une captation/diffusion multisources, il s’agit d’être en mesure:

  • pour l’installation, en s’appuyant sur des plans précis:

    • de positionner de façon cohérente les équipements (microphones, caméras, table de mixage son, mélangeur vidéo, enregistreur / streamer), comme l’implantation de la figure 4),

    • d’effectuer des branchements Audio/Vidéo/Informatiques, en suivant un synoptique (ou plan de câblage) précis, comme ceux des figures 3, 6 et 7.

  • pour l’exploitation, en respectant certaines «bonnes pratiques»:

    • de régler les niveaux sonores,

    • d’assurer une image vidéo correcte (cadre, mise au point, colorimétrie),

    • de savoir sélectionner correctement les sources audio et vidéo.

L’expérience acquise -auprès d’étudiant·e·s de début de cycle universitaire (2e année de Bachelor) et de collègues non spécialistes- montre que ces prérequis peuvent être rapidement acquis (2 à 4 heures suffisent pour les configurations développées dans cet article). De même, une personne motivée, a minima sans aversion au changement (Goldratt, 1990), pourra mettre en œuvre ces configurations en s’appuyant sur un tutoriel. Toutefois, il s’agit bien de suivre un vade-mecum, un guide de bonnes pratiques, sans sortir du cadre prédéfini, en évitant les adaptations personnelles sans une pratique minimale.

Modèles pour des publications scientifiques audiovisuelles reconnues

Le modèle choisi par Visual Modi pour sa chaîne Canal U est de se conformer aux habitus de sélection et d’éditorialisation pour la publication d’ouvrages, d’actes de colloques ou de revues scientifiques. Visual Modi agit ainsi en éditeur, avec un comité éditorial qui garantit ainsi l’intérêt scientifique des publications.

Il s’agit d’une part de publier les enregistrements de communications des colloques visual modi. Ces communications ont été sélectionnées en double aveugle par les membres du comité scientifique du colloque. La communication, respectant les critères conventionnels de sélection scientifiques, son enregistrement les respecte aussi.

D’autre part, la chaîne publiera les illustrations audiovisuelles des articles rédigés post-colloque, eux même ré-évalués en double aveugle après écriture.

De plus, à l’image de JoVe, l’objectif de Visual Modi est de publier des publications audiovisuelles autonomes après, là encore, sélection en double aveugle.

En ce sens la chaîne Canal-U de Visual Modi peut être reconnue comme une publication scientifique.

Méthodologie: solutions techniques enregistrer / diffuser des communications?

Cette partie vise à définir un cadre accessible à des non professionnels de l’audiovisuel pour l’enregistrement de traces de colloques scientifiques et leur diffusion sur le Web en s’appuyant sur les méthodes de captations multicaméras professionnelles. Cette méthodologie résulte de plusieurs expériences de Captation et/ou d’enregistrement de congrès. Deux colloques internationaux ont permis d’établir des protocoles de captation/enregistrement/diffusion simples en appliquant les principes de bricolage de Claude Lévi-Strauss(1962). Un colloque en mode hybride a mis en évidence sa transférabilité auprès de personnes n’ayant aucune connaissance en technique audiovisuelle.

Que sauvegarder?

En première approche, il s’agit de sauvegarder «simultanément» et avec un niveau de qualité technique suffisant:

  • l’orateur,

  • son support de présentation,

  • le public - particulièrement pour les questions tant sur le plan visuel que sonore.

Il s’agit donc d’une captation multisources audiovisuelles.

De nombreuses solutions techniques abordables sont possibles et cet article ne pourra être exhaustif. En tout état de cause, la captation requiert une équipe technique minimale souple et compréhensive. À titre d’exemple sur ce volet, les intervenant·e·s en colloque souhaitent utiliser leur ordinateur pour leur support de présentations. Ceux-ci ont du mal à comprendre que leur ordinateur est spécifique et que la simple récupération de leur écran et du son de diffusion nécessite un paramétrage spécifique.6 Ainsi, si la présentation des intervenant·e·s ne s’affiche pas correctement à l’écran, que le son de la vidéo qu’ils diffusent n’est pas entendu correctement, ils sont souvent bloqués, appellent à l’aide, et éventuellement considèrent que l’installation technique du colloque est défaillante.7 Il s’agit donc soit d’avoir 1 personne en mesure de paramétrer correctement l’ordinateur de l’intervenant·e (cet aspect est d’ailleurs indépendant d’une quelconque captation), soit imposer aux intervenant·e·s de transférer leur présentation sur l’ordinateur prévu à cet effet, en amont de la session. En termes d’équipe, indépendamment de l’installation technique, l’idéal est d’avoir une personne qui gère le son et une autre personne qui gère la réalisation vidéo. Souvent la partie la plus complexe est la captation sonore du colloque.

Le son de la captation

La captation sonore est le volet à la fois le plus important (une trace de conférence sans son est inexploitable) et à la fois la partie technique la plus complexe à gérer pour un non-spécialiste. Il est toutefois possible de contourner les difficultés en utilisant un matériel adéquat et en adoptant quelques méthodes de base.

Pour assurer un bon enregistrement sonore, il est nécessaire d’avoir des microphones permettant la captation de chacune des sources sonres pertinentes. Dans le cadre d’un colloque, il s’agit donc d’avoir en premier lieu un microphone pour les orateur·trice·s, mais aussi les modérateur·trice·s ainsi que les personnes du public qui posent des questions.

Pour les orateur·trice·s plusieurs solutions sont possibles: des microphones sur pied (pupitre ou table), un micro-cravate ou un micro-main. Pour le public, un micro main sans fil est assurément une des meilleures solution. Le micro-main présente l’avantage (ou l’inconvénient) d’être un micro de proximité. Les sons «lointains» sont presque inaudibles, donc dans une salle bruyante ou réverbérante l’orateur est correctement entendu… à la condition qu’il tienne son micro suffisamment près de sa bouche (moins de 10 cm). En outre, si le son est amplifié, l’emploi d’un micro main de proximité limite le risque d’effet Larsen. Le micro-cravate est une bonne solution qui évite à l’orateur de tenir le micro, mais qui est aussi sensible aux différentes sources sonores de la salle un peu trop importantes. Les micros-cravate sont aussi nettement plus sensibles à l’effet larsen que les micros de proximité.

Pour gérer les différents niveaux sonores et avoir la possibilité d’utiliser plusieurs micros simultanément il est important d’avoir une table de mixage pour:

  • brancher les micros,

  • brancher la sortie son de l’ordinateur de l’orateur,

  • envoyer le son à l’enregistreur,

  • le cas échéant, envoyer le son à un dispositif d’amplification afin de le diffuser dans la salle.

Il est aussi important de pouvoir vérifier le fonctionnement de la captation sonore durant toute sa durée, il est donc primordial d’avoir une personne qui écoute le son avec un casque audio.

La vidéo de la captation

En termes de sources vidéo, sur un colloque il y a a minima:

  • les caméras (au moins 2 à 3),

  • l’ordinateur de l’intervenant·e.

Si les caméras ne servent qu’à l’enregistrement et à la diffusion, l’ordinateur de l’intervenant sert simultanément à l’enregistrement et à la diffusion dans la salle. Il est donc nécessaire de disposer d’un «splitter» vidéo qui «duplique» la sortie écran de l’ordinateur.

L’appareil qui permet de sélectionner la source vidéo s’appelle un mélangeur.

Enregistrement / diffusion

Pour simplifier, le mélangeur fournit un signal vidéo, la table de mixage fournit un signal son. Pour enregistrer le signal audiovisuel il est possible de passer par un enregistreur vidéo ou un ordinateur. Dans ce dernier cas de figure, il faut transformer les signaux Audio et Vidéo en signaux informatiques (c’est le rôle d’une carte d’acquisition audio-vidéo). Toutefois, aujourd’hui, les mélangeurs d’entrée de gamme destinés aux streamers et de nombreuses tables de mixage jouent ce rôle. Il suffit alors de les brancher à un ordinateur via un câble USB.8

Ce dernier ordinateur servira pour effectuer l’enregistrement et, le cas échéant, le stream avec un logiciel dédié (aujourd’hui la grande majorité des streamers utilisent le logiciel libre OBS-Studio, ou des logiciels qui s’appuient sur OBS-Studio).

Solution «minimaliste» à coût «réduit»

La solution proposée ici peut permettre de tester une configuration sans investissements vidéos trop spécifiques comme indiqué sur la Figure 3. Il s’agit d’avoir à disposition:

  • un ordinateur portable «puissant»,9

  • une table de mixage avec sortie USB (ou un boîtier de conversion entrées-son / USB),

  • un spliter vidéo (pour dupliquer la sortie vidéo de l’ordinateur),

  • un moniteur vidéo,

  • une télécommande buetooth de présentation,

  • une ou plusieurs webcam complémentaires.

Ce dispositif est plutôt facile à déployer et peut permettre de systématiser l’enregistrement de séminaires internes à un laboratoire avec un groupe de chercheurs de taille réduite.

Source: Schéma réalisé par les auteurs.

Figure 3 synoptique (plan de câblage) d’une solution avec WebCam 

L’ordinateur sert, à la fois de mélangeur vidéo, d’ordinateur pour l’intervenant et d’enregistreur. Cet ordinateur doit disposer d’autant de port USB que de sources audio et vidéo et avoir un logiciel comme OBS Studio, logiciel libre d’enregistrement/streaming vidéo.

Si cette solution est assurément la plus abordable en termes de coût (parce qu’elle utilise du matériel souvent présent dans les laboratoires), elle est toutefois limitée dans la mesure où, entre autres:

  • un ordinateur d’une puissance trop faible ne pourra gérer autant de sources simultanément,

  • les webcam sont généralement immobiles, filment exclusivement en plan large, ont limitées à des câbles de quelques mètres,

  • le conférencier ne peut utiliser son ordinateur et doit utiliser une télécommande bluetooth pour faire défiler son diaporama.

Compte tenu de ces contraintes il est préférable de déployer une solution avec un peu plus de matériel (sans nécessiter un équipement très important). C’est cette solution qui est développée au paragraphe suivant.

Résultats: mise en œuvre

Cette partie développe la solution déployée pour le 3e colloque international Méthodes Visuelles et Multimodales de Ténérife.

Implantation du matériel d’un colloque en présentiel

L’implantation mise en place est celle de la Figure 4 à savoir la régie installée sur un côté de la salle entre les intervenant·e·s et l’auditoire et 3 caméras positionnées comme suit:

  • une caméra en fond de salle qui permettait de voir simultanément les intervenant·e·s et leur présentation.

  • 2 caméras à proximité de la régie:

  • 1 caméra plan large vers l’auditoire

  • 1 caméra plan rapproché, vers l’intervenant·e pendant l’exposé la réponse aux questions, vers la personne qui posait la question à l’issue des interventions.

Cette configuration, en l’absence de caméras télécommandées, permet à une seule personne de gérer les niveaux sonores, le changement de source vidéo et le recadrage de la caméra plan rapproché (cf. Figure 5).

Source: Schéma réalisé par les auteurs, photographies de A. LAmboux-Durand.

Figure 4 Implantation technique (plan, régie avec caméras 2 et 3, caméra fond de salle 

Source: clichés extraits des captation du 3e colloque méthodes visuelles.

Figure 5 Différents plans de la caméra 3 «plans rapprochés» 

Le synoptique général a été conçu pour 4 sources vidéo (3 caméras et la présentation de l’intervenant·e) et 4 sources sonores (3 micros et l’ordinateur de l’intervenant·e). Certains intervenant·e·s diffusant des vidéo, il était primordial de pouvoir récupérer le son de leur ordinateur comme indiqué sur la Figure 6.

Source: Schéma réalisé par les auteurs.

Figure 6 Synoptique général 3 caméras, 2 micros, 1 ordinateur présenta·teur·trice 

En outre, il fallait pouvoir a minima diffuser le son des vidéos projetées dans la salle. Le son de la salle ne pouvait être strictement identique à celui de l’enregistrement. En effet, le son d’un enregistrement doit respecter des contraintes techniques de niveau (homogènes et suffisants) tant pour la parole que pour les vidéos diffusées pendant la conférence. Par contre, dans la salle, le son des intervenant·e·s, s’il est diffusé, sert à rehausser la parole directe, en faisant attention d’éviter l’effet Larsen. Pour séparer le type de diffusion, la majorité des tables de mixage permettent de diffuser des sons différents pour l’enregistrement (sortie «main») ou pour la salle (sortie «auxiliaire»).10

Cette implantation, déployée en la suivant à la lettre, peut être mise en œuvre sans difficulté particulière à partir du moment où l’on dispose du matériel (y compris les câbles). Bien entendu, il faut vérifier en amont que l’on dispose de tout le matériel et accessoires et d’effectuer des tests. Plusieurs points de vigilances: les types d’entrée-sorties HDMI (HDMI Standard, mini ou micro HDMI sur les caméras) et les entrées sorties son. Il est prudent d’avoir aussi plusieurs adaptateurs, notamment en son, qui permettent de passer d’un type de fiche à un autre11. Il est à noter que, dans cette configuration-là, le mélangeur et la table de mixage jouent le rôle de cartes d’acquisition vidéo et son.

Enregistrement d’un colloque en mode hybride

La captation/enregistrement d’un colloque en mode hybride (présentiel et distanciel) est techniquement complexe au niveau du son. Il s’agit d’éviter l’écho que nous avons déjà tous rencontré lorsque nous avons réalisé des visioconférences, notamment lorsque plusieurs personnes étaient connectées dans un même lieu et lorsque plusieurs micros et/ou systèmes d’écoute étaient utilisés en même temps.

Sur un poste unique, les logiciels de visioconférence «retranchent» le son provenant de l’interlocuteur à distance capté par le micro de l’ordinateur pour ne pas avoir cet écho.

Dans la pratique, 2 solutions sont envisageables, la première est de faire appel à un ingénieur du son qui, systématiquement, coupe les micros de la salle quand une personne à distance parle et inversement coupe le son de la visio, lorsque un intervenant·e parle dans la salle. Dans un contexte de généralisation du processus à des non professionnels, cette solution est à éliminer.

La seconde possibilité est de passer par un dispositif complémentaire qui transforme le signal audio-vidéo de la salle en une webcam avec microphone, le logiciel de visioconférence fonctionne alors comme lorsque l’on réalise une visioconférence depuis chez soi avec le micro et les hauts-parleurs de l’ordinateur comme le montre la Figure 7. C’est cette solution qui a été adoptée pour le colloque Méthodes Visuelles de 2021, en mode hybride, compte tenu de la crise sanitaire.

Source: Schéma réalisé par les auteurs.

Figure 7: solution 2 caméras en mode hybride 

Réalisation de l’enregistrement

L’opérateur vidéo, avant chaque communication -en cas de changement d’ordinateur de présentation- s’assure que le signal de l’ordinateur du présentateur arrive simultanément au mélangeur et au vidéoprojecteur. Ensuite, pendant la communication il:

  • Choisit la source vidéo diffusée,

  • Modifie, le cas échéant, le cadre des caméras qu’il peut modifier (que les caméras soient télécommandées ou à portée de main).

  • En outre, si le mélangeur le permet, il peut effectuer des PIP (Picture In Picture) afin de diffuser simultanément une caméra et le support projeté (cf. Figure 8).

Source: clichés extraits des captation du 3e colloque méthodes visuelles.

Figure 8: Exemple de PIP avec le support de présentation en fond et la caméra de l’intervenant·e en format réduit 

L’objectif de l’opérateur est de privilégier le rythme et la plus-value de la captation vidéo sur le discours verbal (imprimé ou oral), à savoir la relation qu’aura la personne visionnant la communication avec l’intervenant·e et son discours. Aussi, pour privilégier cette relation il est nécessaire de privilégier les plans où l’on voit l’intervenant·e dans le plus gros plan possible et de changer régulièrement de source visuelle pour rythmer la réalisation. Ainsi l’opérateur vidéo a besoin de suivre le discours de l’intervenant·e pour:

  • diffuser le support de présentation en plein écran chaque fois qu’il est important de le lire,

  • revenir dès que possible sur l›intervenant·e (quitte à ré-afficher régulièrement).

Il s’agit en effet, d’éviter de constamment diffuser le support de présentation (même avec un PIP) qui limite la relation humaine médiée.

Que le colloque ait été diffusé en direct ou pas, un traitement post-colloque est à opérer/

«Workflow» de la diffusion des enregistrements

Avant toute publication, et notamment pour une publication en accès libre, il est primordial de respecter la législation relative tant au droit de reproduction et de diffusion des images visuelles et sonores des personnes qu’au droit relatif à diffusion des médias projetés dans le cadre de la conférence.

Éléments juridiques

Chaque intervenant.e filmé.e doit avoir donné son accord pour cette publication à travers l’autorisation éclairée de droit à l’image. Il s’agit d’une «autorisation éclairée» dans la mesure où la personne est informée d’une part de la reproduction qui sera faite de l’enregistrement et, d’autre part, de sa diffusion publique via des canaux qui lui auront été spécifiés.12 Seul un formulaire dûment signé, spécifiant précisément les contextes et canaux de diffusion, le permet. Lorsque l’on parle de droit à l’image il s’agit du droit de reproduction et de diffusion de l’image visuelle de la personne mais aussi de son image sonore, et donc de la reproduction et de la diffusion de sa voix (beaucoup de personnes omettent la reproduction et diffusion de la voix dans les formulaires qu’elles font signer). Ceci vaut en droit français, mais ce droit existe sous différentes formes dans de nombreux pays, et ce malgré l’irrespect généralisé de ce droit élémentaire à travers les médias sociaux dans un contexte personnel (vie familiale, privée...). Dans un cadre institutionnel, une association, un laboratoire ou une université ne peuvent se permettre d’enfreindre cette législation (les risques encourus sont pénalement trop importants). Dans la mesure où Visual Modi est une association de droit français et que Canal-U est une structure de diffusion française, il s’agit donc d’appliquer la législation française.

Au-delà du droit à l’image, lorsque un·e intervenant·e diffuse des images visuelles ou sonores, il faut que ces images puissent être diffusées librement en respectant le droit de la propriété (notamment de la propriété littéraire et artistique). Il s’agit donc de s’assurer que le droit de propriété est bien respecté. Si ce n’est pas le cas, la communication ne peut être diffusée en l’état.

Découpage ou chapitrage

Dans le cadre de colloques il arrive souvent qu’une session avec plusieurs interventions soit diffusée sous la forme d’un vidéogramme unique. En effet, cela simplifie sa publication. Toutefois dans une logique fonctionnelle de consultation et de citation, tant pour les intervenant·e·s que pour les chercheur·e·s souhaitant consulter les interventions un accès direct à chacune d’entre elles est souhaitable. Cela peut passer par un chapitrage

Au cours de l’enregistrement, si plusieurs interventions se sont succédées, la première étape est de les découper (les séparer) pour les rendre indépendantes les unes des autres. Outre le fait de supprimer les «temps morts» avant et après chacune des communications, il s’agit de supprimer les éléments non pertinents survenus durant les interventions.

Par exemple, s’il y a eu une interruption pour problème technique, autant la supprimer.

De plus, certain·e·s intervenant·e·s sont susceptibles de projeter des illustrations visuelles ou sonores dont la diffusion n’est pas libre de droit. Dans ce cas, il peut être nécessaire de:

  • couper le son,

  • couper la partie correspondante,

  • flouter ou masquer les images visuelles non libres.

Il est aussi important de vérifier et d’homogénéiser les niveaux sonores afin de compenser certains défauts qui peuvent se produire durant l’enregistrement, surtout lorsqu’il n’y a qu’un opérateur unique pour la gestion du son et de la vidéo.

Cohérence formelle des publications

Tant à l’image des ouvrages, revues, que celles d’émissions de télévision sérielles, la mise en cohérence formelle des différentes interventions est nécessaire. Cette mise en forme aura pu être réalisée en amont, mais il est rare que certaines opérations complémentaires ne doivent être réalisées. Il s’agit donc de traiter / habiller / monter les enregistrements. Une fois le découpage effectué, il s’agit de l’habiller, c’est-à-dire, a minima, d’ajouter un panneau de début qui identifie clairement la communication (intervenant·e·s, titre) et un panneau de fin, le tout avec le visuel du colloque.

Bien entendu, cet habillage peut avoir été réalisé en amont du colloque et présent dès l’enregistrement (et c’est l’idéal).

Génération des fichiers vidéos

Une fois chaque communication traitée, un fichier vidéo spécifique par communication est à générer. C’est ce fichier qui sera déposé sur la plate-forme de diffusion. Lorsque cela est possible, le mieux est d’encoder le fichier monté sans modifier l’image résultante par rapport au fichier source. Il n’est pas possible de développer dans cet article les possibilités et les choix optimaux, toutefois, pour donner une caractéristique simplifiée à l’extrême, pour un fichier HD, si l’on dispose de suffisamment d’espace disque, il est préférable d’avoir un débit binaire supérieur à 10Mbit/s avec un codage H264 ou H265 (ce que beaucoup confondent avec le format MP4, car la grande majorité des fichiers MP4 sont codés en H264).

Le nom donné à ce fichier est important afin de permettre l’identification claire de son contenu en respectant les codages de caractères internationaux. Dans le cas du 3e colloque méthodes visuelles, le choix s’est porté de nommer les fichiers par session, numéro d’ordre dans la session, nom des intervenant·e·s. ce nom qualifie aussi le titre - en sachant que le respect des règles de dénomination internationales en caractères latin impose de n’utiliser que les 26 lettres de l’alphabet non accentuées (en minuscules et majuscules), les 10 chiffres et le “_” en lieu et place des espaces.

Dépôt des vidéos

À la publication, le référencement, les méta-données, sont primordiales. Il s’agit donc de bien les définir, les préciser. Toujours pour un colloque, un certain nombre de ces méta-données sont réutilisées dans différents contextes (programmes du colloque, fiches moderateur.trice.s, habillage…) et déjà instanciées par les intervenant·e·s eux.elles-mêmes.

Par anticipation il est judicieux de créer une base de données de référence.

Pour le 3e colloque Méthodes Visuelles, en l’absence d’une base de données avec le résumé des interventions, le titre de chaque intervention a repris le contenu des noms de fichiers (mais avec les caractères accentués et les espaces) et la description se limite au titre de la communication.

De plus, après l’enregistrement de communications en colloque, il peut être judicieux d’effectuer une transcription automatique pour instancier les métadonnées détaillées. Il faut noter toutefois que, même si la transcription automatique est fiable, il est nécessaire de la retravailler, supprimer les mots d’hésitation, ainsi que les fautes de langage. En effet, à l’oral, il est très fréquent de faire des fautes, ce qui n’est que très rarement gênant. Par contre, à l’écrit, ces mêmes fautes sont inutilement dévalorisantes pour l’intervenant·e. À l’heure de la rédaction de cet article cette transcription n’a pas été réalisée.

Analyse et discussion

Un simple article ne peut suffire à développer tout le processus de captation / streaming de conférences en vue de publication scientifique. Il s’agit avant toute chose d’une mise en évidence de l’intérêt de ce type de publication, de l’importance des cadres méthodologiques de mise en œuvre, tout en relativisant leur complexité. Sur ce dernier point il ne s’agit pas de minimiser les compétences nécessaires, mais à l’image des publications imprimables, de mettre en évidence que, dans un contexte de diffusion scientifique auprès des pairs, ce type de publication peut être mise en œuvre par des personnes motivées et volontaires.

L’expérience acquise sur les 2e13 et 3e colloque méthodes visuelles de Ténérife, son transfert auprès d’un collègue pour le stream Youtube du colloque international pluridisciplinaire sécurité technologie et Olympisme à Besançon en 2023 en mode hybride, ainsi que différentes expériences pédagogiques avec des doctorant·e·s des étudiant·e·s en Bachelor Universitaire de Technologie et de Master ont permis de valider:

  • les modalités de déploiements de dispositifs multisources présentés ici,

  • leur transférabilité auprès de personnes non spécialistes mais motivées,

  • «l’intuitivité» de réalisation d’une captation multisources en fonctionnement (y compris avec des caméras télécommandées).

Les limites majeures de ces processus relèvent des craintes (ou des non motivations) de chercheur·e·s, doctorant·e·s ou personnels support à la recherche de s’impliquer dans ce processus (cf. Figure 9).

Source: Cliché extrait des captation du colloque colloque sécurité technologie et Olympisme.

Figure 9: Installation technique du stream réalisé pour le colloque Sécurité et Olympisme 

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2«La diplomatique est la science qui étudie la tradition, la forme et la genèse des actes écrits en vue de faire leur critique, de juger de leur sincérité, de déterminer la qualité de leur texte, d’apprécier leur valeur exacte en les replaçant dans la filière dont ils sont issus, de dégager de la gangue des formules tous les éléments susceptibles d’être exploités par l’historien, de les dater s’ils ne le sont pas et enfin de les éditer.» (Bautier, 2013) Par extension, il s’agit de la fiabilité des sources documentaires ou de la production du chercheur.

5Pour simplifier, la CNIL est l’organisme de régulation des droits individuels liés aux fichiers informatiques en France.

6Il s’agit en effet, simultanément de diffuser dans la salle la vidéo et le son des présentations et cela nécessite très souvent de modifier les paramètres du système d’exploitation de l’ordinateur.

7Il est à noter que dans les grands colloques les intervenant·e·s doivent obligatoirement utiliser l’ordinateur de la salle, ce qui élimine la majorité des problèmes techniques durant le colloque.

8Attention, pour la vidéo il faut au moins un câble et un port USB 3.0. En effet, un signal HD peut atteindre un débit de 6 Mbit/s (en mode RVB non compressé).

9Parce qu’il doit être en mesure de traiter en temps réel plusieurs sources vidéo (débit de 3Gbits/s par source en HD).

10Ou l’inverse: sortie principale pour la salle et auxiliaire pour l’enregistrement

11Pour simplifier, en son aujourd’hui, il existe 4 types de connecteurs principaux: Les XLR, le Cinch, le Jack 6.35 et le Jack 3.5.

12En France, la captation en elle-même ne nécessite pas d’autorisation écrite à partir du moment où la ou les personnes filmées savent qu’il y a un enregistrement et qu’elles ont la possibilité de s’opposer à cet enregistrement. Par contre la reproduction et la diffusion de cet enregistrement nécessite cet accord écrit.

13Le dispositif du 2e colloque a été mis en place pour permettre son déroulement en mode hybride.

CÓMO CITAR: Lamboux-Durand, A., Delestage, C.A., Yvart, W. (2025). Actes audiovisuels de colloques: perspectives de diffusion scientifique. Sintaxis, año 8, núm. 15, DOI: https://doi.org/10.36105/stx.2025n15.03

Received: March 13, 2025; Accepted: May 16, 2025

Alain Lamboux-Durand est Professeur en sciences de l’information et de la communication et Vice-Président de Visual Modi, Association internationale de recherche sur les méthodes visuelles et multimodales. Il a développé des recherches autour de la scénarisation transmédia et l’étude des interactions communicationnelles durant tout le processus de conception / réalisation / diffusion de dispositifs transmédia et de vidéogrammes. Outre l’enregistrement / diffusion de témoignages dans le cadre de médiation culturelle, il travaille sur l’usage des méthodes (audio)visuelles en recherche et la diffusion des productions audiovisuelles induites.

Charles-Alexandre Delestage est Maître de Conférences en sciences de l’information et de la communication. Il est spécialisé sur l’expérience émotionnelle de l’individu en réception de contenus culturels, avec un focus sur la production et la réception de contenus faisant appel aux technologies immersives. Il est également trésorier de la société savante Visual Modi, association internationale de recherche sur les méthodes visuelles et multimodales. Il développe depuis 10 ans l’outil Spot Your Mood avec Willy Yvart, qui vise à l’aide à la verbalisation et à la représentation visuelle des émotions.

Willy Yvart est Maître de Conférences en sciences de l’information et de la communication. Il développe avec Charles-Alexandre Delestage l’outil Spot Your Mood qui vise à l’aide à l’explicitation de l’humeur et des émotions afin de déterminer l’impact émotionnel d’expériences au travers d’une interface visuelle et intuitive. Il est spécialisé dans l’évaluation de la réception des contenus, notamment dans la dimension émotionnelle et dans l’usage scientifique des méthodes visuelles tant au niveau épistémologique que technique.

Editor: Rogelio Del Prado Flores

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