Introduction
Il a été prouvé que les espaces verts possédaient un rôle essentiel dans le bien-être des citadins (Florin et Préau, 2013 ; Roué-Le Gall et al., 2014), tant physiquement que mentalement. Le confinement dû au COVID l’a d’ailleurs une nouvelle fois démontré. Voici la présentation d’une étude en cours sur les espaces végétalisés, réalisée conjointement par une psychologue (Sophie Mariani-Rousset) et une géographe (Anne Griffond-Boitier), ce qui permet un regard croisé sur des méthodes et des concepts différents. L’expérience proposée et la mise en place du protocole de traitement des résultats mobilisent des théories et des méthodes d’analyse issues tout autant de la géographie que de la psychologie sociale, de la sémiologie et de l’aménagement de l’espace. Les méthodes visuelles sont courantes pour les géographes, qui utilisent notamment les représentations cartographiques ou graphiques (cf. Revue française des méthodes visuelles ou encore Mappemonde). De même, l’étude des paysages s’appuie classiquement sur la photographie. Olivier Bories a, dans ce cadre, montré l’importance des choix de prises de vue et du “pouvoir d’évocation sensorielle et émotionnelle [de] l’écriture filmique” (Bories, 2019), suggérant l’idée d’un paysage comme “personnage” à part entière. Nous avons, pour notre part, souhaité nous éloigner du concept de paysage, pour nous focaliser de manière plus précise sur l’espace végétal. Notre but est d’observer le rapport que les individus établissent, le long d’un parcours, entre cadre végétal, ressenti à son contact (structures cognitives) et valeurs associées audit cadre (structures sociales). Pour cela, nous proposons un parcours réalisé à l’aide d’une tablette numérique, permettant de prendre des photographies tout en exprimant ses ressentis.
Cadre théorique
L’importance des espaces verts et les storymaps
“La marche urbaine, en tant qu’expérimentation méthodologiquement cadrée, permettrait un regard in situ sur la ville, amenant à une réflexivité critique sur l’aménagement urbain […] de ses usagers” (Guérin et Hernández González, 2017). Ce que nous cherchons, c’est à “mesurer” la perception des marcheurs dans la ville (en l’occurrence la ville de Besançon, en France). Cet objectif suppose d’explorer les méthodes les plus adaptées pour recueillir les représentations sociocognitives de l’espace végétal : le cadre résidentiel, l’âge ou encore la position sociale peuvent en effet avoir de l’influence sur l’appréciation dudit végétal. Nous invitons donc des individus à déambuler le long d’un parcours urbain afin qu’ils expriment leurs sensations face à ce type d’espace. Comme le note Bailly (2018), “les sentiments sont le reflet des sensations qu’inspire un lieu, son environnement ou l’histoire que chacun y tisse”. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est d’utiliser le regard des enquêtés et qu’ils en rendent compte au fur et à mesure de leur avancée dans l’espace, grâce aux Humanités numériques. En l’occurrence, notre choix s’est porté sur l’utilisation d’une tablette tactile ou d’un smartphone. Nous avons utilisé ArcGIS d’ESRI pour :
prendre des photographies
placer des commentaires
situer / exprimer son ressenti
répondre à des questions.
Techniquement, surtout, nous cherchons donc à rendre compte de ce qui est perçu en direct par les enquêtés. Et cela a son importance car, d’octobre 2020 à mai 2021, le laboratoire de géographie ThéMA a reçu Evelise Millet, une artiste en résidence qui a choisi de partir de notre étude sur les espaces végétalisés à Besançon1 pour construire un projet artistique.
Nous relatons ici ce projet car cela concerne directement le sujet des méthodes visuelles et aussi parce que cela apporte un double point de vue sur un même objet. Evelise Millet (2021) a demandé à des étudiants de 3ème année de licence de géographie (encadrés par Anne Griffond-Boitier) d’effectuer des parcours dans différents lieux de Besançon - avec point de départ et point d’arrivée et répartition la plus exhaustive possible des rues arpentées. L’objectif était de porter attention au territoire dans une optique de “care”, autrement dit de “prendre soin du territoire” (concept adapté au territoire et à l’espace par le géographe Michel Lussault, 2021).
Les étudiants avaient pour consigne de noter ce qui attirait leur regard, prendre des photographies, et éventuellement faire des enregistrements audios ou vidéo. À la suite de cela a succédé une phase d’expression écrite pour retracer le parcours et la réalisation de carte mentale individuelle, le tout réuni dans un dossier de type powerpoint avec photographies, audios, vidéos, et texte associé à chacun d’eux.
Voici quelques représentations de cartes mentales (cognitive maps), utilisant diverses techniques, plus ou moins schématisées (Figure 1).

Source: travail réalisé par des étudiants de Géographie, Université de Franche-Comté, hiver 2021.
Figure 1 Exemples de cartes cognitives réalisées par les étudiants
Les résultats, mis en commun (créant une storymap collective), font apparaître des thèmes qui permettent de revisiter sous d’autres angles les parcours réalisés : la géométrie, le vivant/non-vivant, les équipements sportifs et de loisirs, l’art, l’atypique et le fortuit, les détails, les lieux “irrécupérables”, etc.
Ce qui concerne davantage les méthodes visuelles (et explique qu’on s’y attarde maintenant), c’est que l’ensemble a ensuite donné lieu à la réalisation de storymaps,2 utilisant un SIG (Système d’Information Géographique).
ArcGIS (produit par ESRI, Environmental Systems Research Institute) permet de concilier dans un même récit :
le parcours effectué (que l’on peut suivre sur une carte)
les images et sons géolocalisés
et les commentaires qui en sont faits.
Les formes de présentation que la storymap propose sont extrêmement variées, démultipliant les possibilités de narration. De plus, le recours à des représentations cartographiques originales (cadastre, cartes historiques, orthophotographies…) enrichit la perception des territoires.
Les cartographies sensibles et narratives “empruntent à la géographie, mais aussi à l’art ou encore à la psychologie, rejoignent les travaux sur les méthodes d’élicitation visuelle […] la photographie, la vidéo, mais aussi la cartographie co-élaborées (…)” (Mekdjian, Olmedo, 2016). Quelle que soit la connaissance initiale de l’enquêté, c’est un outil qui semble d’un accès relativement aisé - pour peu qu’on ait du temps à y consacrer. À la fois facile à créer et à consulter, il permet d’avoir accès à toutes les informations dans une seule et même interface et également d’interagir pour proposer un récit à plusieurs mains ou une carte collective. L’idée est de donner une représentation de différents lieux en les associant à des récits de vie (réels ou fictionnels).
Un numéro thématique de la revue Mappemonde a été consacré à ces outils de storymaps. Caquard et Joliveau (2017) y soulignent que, “de prime abord, récit et carte semblent en opposition directe”, et pourtant le texte s’illustre souvent parfaitement d’un contexte cartographique, surtout s’il est augmenté de photographies ou de dessins (cf. les carnets de voyages). La froideur de la carte laisse la place à l’émotion et/ou l’imaginaire du récit. C’est ce qui a permis à Olmedo (2015) de parler de “cartographie sensible”.
L’étude faite par Evelise Millet et Anne Griffond-Boitier concernait d’autres types d’espace que ceux impliqués initialement dans notre approche des espaces verts, notamment en périphérie de la ville où le végétal est peu valorisé. Retravaillant par groupes les différents thèmes émergeants, les étudiants ont défini des thèmes, et ont réalisé des storymaps3 qui ont servi à rendre compte de l’ensemble des “histoires” vécues par les différents enquêtés. Ils ont ainsi produit plusieurs storymaps imbriquées les unes dans les autres : les quartiers explorés; les cartes mentales ; les sons de la ville ; mobilité.s en centre-ville et en banlieue de Besançon; les détails de Besançon (les points de vue ; le vivant et le non-vivant dans la ville) ; l’esprit des lieux ; entre intimité et clôture (sensation de fermeture). Il y a eu une mise en carte des récits ou des récits utilisant les cartes géographiques (Figure 2).

Source: travail réalisé par des étudiants de Géographie, Université de Franche-Comté, hiver 2021.
Figure 2 Exemples de mise en carte des récits / récits utilisant les cartes géographiques
Cela a demandé beaucoup de temps mais a été très riche en résultats. Pour I’heure, seuls des étudiants ont participé à l’enquête mais cela se prête à création d’artistes ou à solliciter un public à définir encore. Au final, cela permet de relier l’image au texte, démontrant l’importance de la réflexibilité.
Voilà qui est très intéressant, donc, d’un point de vue méthodologique, notamment pour les méthodes visuelles. Toutefois, dans le cadre de notre étude sur les espaces verts, notre but n’est pas d’obtenir une carte (ce que font les géographes habituellement), en tout cas pas une carte précise utilisant les SIG, mais un retour d’expérience en temps réel.
Méthodologie
L’idée d’utiliser une tablette s’est faite assez rapidement, de par la possibilité qu’elle offre d’écrire, cocher des réponses de questionnaire, prendre des photographies, voire enregistrer. Grâce aux Humanités numériques le résultat des choix réalisés est facilement accessible aux chercheurs… et aux sujets eux-mêmes.
Dans notre enquête, c’est en effet le sujet lui-même qui saisit l’outil numérique et qui choisit de montrer ce qu’il voit afin de rendre compte de la co-construction à l’œuvre : le parallèle entre avancée dans l’espace et cheminement cognitif. Ici, les individus mènent leur propre enquête, indépendamment du chercheur. Surtout, les photographies sont commentées en direct, libérant l’expression et donnant un degré de précision qui n’intervient peut-être pas dans la storymap, réalisée a posteriori - la mémoire jouant des tours et l’imagination travaillant à reconstruire le parcours ou à tisser des liens entre les lieux.
Un parcours avec une méthodologie et des outils adaptés
Avant tout, il est question d’un parcours. La méthode des parcours permet d’établir un lien entre l’environnement spatial des individus et leur réalité sociale. Ainsi, de nombreux chercheurs, dans des domaines différents, s’y sont intéressés : en muséologie (Mariani-Rousset, 2003 ; l’in-situ, Schmitt, 2014), en urbanisme et architecture (Lynch, 1976 ; les travaux du CRESSON : parcours commentés, Thibaud, 2001 ; méthode des itinéraires, Petiteau, Pasquier, 2001), en géographie (le re-situ, Rix-Lièvre, Biache, 2004), etc. Pour notre part, nous avons utilisé la méthode de l’in-situ, qui considère la marche comme un outil de perception du site, permettant une corpographie (Monfort, 2017). La photographie réflexive (ou photo-elicitation), également (Collier, 1967 ; Harper, 2002 ; Hurworth, 2003) - photographie accompagnée d’un texte explicatif et d’un court entretien final - donne l’occasion aux enquêtés d’approfondir leur réflexion et aux enquêteurs de ne pas risquer de mauvaises interprétations. À la manière de Molinié (2010), qui traite de dessins réflexifs, nous voulions transformer les citadins en “habitants réflexifs”, mais sans qu’il y ait de délai entre le choix fait de l’espace photographié et l’expression de ce qu’il suscite.
Les premiers tests réalisés ont montré que l’espace végétal est imbriqué dans des ensembles paysagers et qu’il ne peut être isolé du reste, ce qui va avoir des conséquences sur la manière de traiter les données recueillies pour isoler la place faite au végétal. Concernant la consigne fournie aux enquêtés, tout comme Evelise Millet l’a fait, nous empruntons l’idée de Lussault (2021) de “porter attention” aux espaces verts. Nous nous sommes interrogées sur le fait de proposer aux enquêtés soit de réaliser un parcours bien précis, soit de choisir leur propre parcours dans un espace circonscrit. La première option rend directement comparable les différents points de vue et ressentis au travers des images faites par chaque enquêté. La seconde option offre plusieurs possibilités de catégorisations, donc de regards différents portés sur son environnement, en élargissant la richesse des espaces parcourus. Ainsi, il y a un intérêt à ne pas fixer un parcours, afin de laisser une part d’improvisation aux individus dans le choix des tracés et ainsi comprendre la manière dont les choix sont faits.
Dans une première expérimentation d’enquête, réalisée dans le cadre du 3ème colloque Cartotête,4 nous avons choisi un parcours hyper végétalisé, d’une grande variété d’espaces verts traversés (parc, façade fleurie, racine s’échappant du béton, rangée d’arbre le long du Doubs, herbe sur les voies du tram, etc.). Ce parcours “idéal” - basé sur une série de photographies montrant la diversité des espaces végétalisés à Besançon (Figure 3) - traverse le plus de verdure possible, interrogeant les individus sur le bien-être ressenti aussi bien physiquement que moralement.

Source: © Mariani-Rousset.
Figure 3 Ensemble de photographies d’espaces végétalisés à Besançon-France (de Griffond-Boitier, Mariani-Rousset, Litot, 2021)
Des individus, donc, prennent des photographies à l’aide d’une tablette ou d’un smartphone (prêté pour l’occasion) tout le long du parcours (Figure 4)...
… et les commentent en direct, en précisant quel détail, quelle vue générale ou quel ensemble leur plaît, et surtout le type de ressenti qu’ils y associent (émerveillement, plaisir, dégoût, étonnement…).
Nommer les ressentis
Il existe des études utilisant la photographie ou la vidéo pour montrer comment évolue et se développe la nature en ville (Long, Tonini, 2012 ; Bourdeau-Lepage, 2019) mais sans véritablement interroger les préférences des individus à son contact. Nous avons donc souhaité interroger les individus sur leur ressenti en leur donnant la possibilité de développer cet aspect.
D’un point de vue sémantique, nous avons beaucoup réfléchi quant au terme à employer car dans la littérature le vocabulaire sur le sujet est très riche : il est question d’affects, d’émotions, de ressentis, de perceptions… Au final, c’est le concept de ressenti que nous conservons, parce qu’il correspond bien à nos objectifs. Si la géographie humaine a montré un intérêt pour les ressentis dans le paysage (cf. les travaux de Di Méo ou E. Bailly), elle l’a peu fait directement sur les espaces verts et leur importance en milieu urbain. “Alors qu’il est désormais relativement simple d’utiliser ces outils [de storymap] pour représenter les différents lieux associés à des récits […], il devient plus compliqué de cartographier les émotions, les perceptions, les peurs et les joies ressentis durant ces trajets” (Caquard, Dimitrovas, 2017). Comment, alors, mesurer ces ressentis ? et comment prendre en compte des ressentis opposés (Nowlis, Nowlis, 1956) ? Mieux vaut éviter d’utiliser les grilles classiques comportant une trop grande dichotomie. Les échelles d’affects actuellement utilisées (Izard, 1972 ; Mc-Nair, Lorr, Droppleman, 1971 ; Nowlis, Nowlis, 1956 ; Thayer, 1967) laissent volontairement place à l’ambiguïté, permettant ainsi de ne pas avoir à choisir entre deux opposés. D’où notre idée de proposer aux enquêtés un schéma comportant deux axes (Figure 5) : négatifs/positifs et intériorisé/extériorisé, et de les laisser se placer aux intersections correspondant à ce qu’ils ressentent.

Source : Griffond-Boitier, Mariani-Rousset.
Figure 5 Grille des ressentis (de Griffond-Boitier, Mariani-Rousset, Litot, 2021)
Le ressenti exprimé permet de parler de tous les sens sollicités, pas seulement la vue. Et cela, la photographie, seule, ne pourrait en rendre compte. L’œil et l’expression du ressenti, dans un espace mais aussi dans un temps donné, sont à réunir. Comment alors rendre compte de ce parallèle, à la fois : en donnant la possibilité aux enquêtés de montrer et d’exprimer ce qu’ils souhaitent, et en récupérant les informations de manière efficace ? C’est l’analyse de la narration, en lien avec le(s) lieu(x) photographié(s), qui donne du sens à cette étude des ressentis.
Résultats et discussion
Dans cette phase exploratoire, beaucoup de questions se posent.
comment récupérer les données (sous quelle forme), comment réceptionner les images ?
quel codage permet de connaître à quel texte les images se rapportent ?
que faire des images : comment les interpréter, les comparer ?
Comme nous l’avons vu, les storymaps peuvent constituer une solution à ces questions… à condition de pouvoir partir d’un matériau réalisé en direct. Nous avons envisagé, dès lors, de créer un outil informatique redistribuant les images prises le long d’une carte en affichant images, commentaires et ressentis sous la forme d’une storymap automatisée. Le programme est en train d’être développé au laboratoire ThéMA.
comment mettre en relation les photographies et le texte exprimé ? Pour cela il est utile d’utiliser les commentaires associés aux photos car ils vont permettre de répondre à ce problème : quel est l’intérêt de la photo, qu’est-ce qui est visé par la photographie ?
quel est l’élément déclencheur ? qu’est-ce qui a motivé la prise de photographie (une surprise, quelque chose jugé beau ou laid) ?
l’angle de vue (rapproché, panoramique...) est-il important ?
les aspects esthétiques et artistiques (effet souhaité, avec flou ou gros plan, ou encore désir de faire une “belle photo”) sont-ils pris en compte ?
qu’est-ce qui est montré véritablement : un ensemble, un détail, du végétal, du minéral, un élément dans du végétal ?
cela évoque-t-il un souvenir personnel ?
est-ce indicatif d’un futur aménagement souhaité ?
L’interprétation des données passe avant tout par une catégorisation. Ici de nombreuses typologies - à la fois des éléments paysagés mais aussi des éléments végétaux - peuvent être utilisées : une importante bibliographie existe sur le sujet (par ex. Bourdeau-Lepage, 2019). Quels sont les éléments du paysage végétal ayant été pris en photo ? et quelles sont les ressentis et valeurs qui leur sont associés ?
Comme nous l’avons dit précédemment, l’aspect social est également à prendre en compte, et les données démographiques sont à croiser avec les informations visuelles et perceptives. Nous questionnons les données démographiques car notre démarche est centrée sur l’individu en tant qu’individu social : il ne peut pas être observé isolément de son environnement social (Schmitz, 2004).
“Les paysages urbains, (…) les attributs physiques de l’espace n’ont pas de sens en eux-mêmes, ils n’acquièrent du sens qu’à travers les espaces à la fois géographiques, sociaux et cognitifs qui supportent leur construction et leur expression” (Ramadier et al., 2008).
Au final, nous disposons de données produites à la fois par l’enquêté :
photographies
précision sur ce qui a voulu être montré (détail, globalité)
ressenti(s) associé(s) au visuel
titre général donné à la visite réalisée
informations démographiques (genre, âge, statut d’activité, niveau de diplôme, commune et code postal de la résidence)
… mais aussi par l’outil lui-même et le programme installé. Nous récupérons ainsi des données sur :
la saison, le jour, l’heure
le parcours effectué, avec visualisation précise des lieux traversés et les différents arrêts… et écarts éventuels, car si un détail en dehors du parcours a suscité de l’intérêt ou si une partie du parcours a souhaité être évitée malgré les consignes, nous aurons l’information
le temps global de la “visite”, mais également le temps fragmentaire puisque, grâce aux photographies, une heure précise est associée à chaque prise de vue.
Notre idée est que toutes les images récupérées soient affichées automatiquement le long du parcours avec le texte associé. Le programme créé devrait proposer cela.
Il s’agit donc d’arriver à visualiser les éléments imagés individu par individu, afin d’établir la place qu’occupent les éléments végétaux et les ressentis qui y sont associés. L’analyse qualitative permet de mesurer la satisfaction et la plus-value / moins-value que le végétal apporte. C’est également là que peuvent s’exprimer les souvenirs et surprises, la satisfaction de son environnement ou au contraire le mécontentement quant aux espaces mal utilisés.
Conclusion
En conclusion, les espaces verts peuvent être abordés de manières différentes - utilisant des méthodes visuelles :
la visite d’un espace puis sa restitution a posteriori à partir de photographies, cartes mentales et notes personnelles, avec réalisation d’une storymap
le parcours réalisé donnant lieu à une production d’images commentées en direct (l’expression du ressenti étant notre objectif principal), susceptibles de se représenter sous forme de storymap ou non - la storymap n’étant alors pas le résultat mais la conséquence de l’enquête réalisée in situ, grâce à un programme créé pour l’occasion. Nous obtenons des informations nous permettant de situer les éléments les plus souvent photographiés tout en les visualisant dans leur globalité, mais surtout d’avoir une vue précise (dans tous les sens du terme) de ce qui a été ressenti et pourquoi.
L’apport de la recherche sur les méthodes visuelles est donc de différente nature puisque c’est à la fois :
un questionnement sur l’outil à utiliser et le rendu des résultats obtenus
la captation d’images donnant une précision de ce qui est perçu, choisi, commenté
des traces d’expérience fournissant un corpus au chercheur… et des informations aux locaux ou touristes potentiels (cf. Martinez Agudelo, 2022)
un objet possiblement créatif (pour les individus et pour les chercheurs).
















